La guerre reste une notion cruciale en HGGSP. Retour sur un des chapitres phares de la Terminale.
Qu’est-ce que la guerre ?
La guerre est un conflit ouvert entre deux entités (Etats, gangs, groupe terroriste, population, etc.) structurées et organisées. L’objectif principal de ces entités est d’imposer sa volonté à l’autre notamment en le privant de sa liberté d’action. Dans la guerre, la stratégie cherche les moyens de la guerre et dirige les manœuvres générales tandis que la tactique cherche les moyens dans la guerre et dirige les manœuvres sur le champ de bataille.

Selon Carl Von Clausewitz, la guerre est la “continuation de la politique par d’autres moyens« . Concrètement, cela signifie que la guerre poursuit un but politique qui n’a pas pu être atteint par la diplomatie, l’économie ou le commerce. De plus, Clausewitz identifie trois facteurs selon lui indispensables dans la stratégie nécessaire pour gagner la guerre : le temps, l’espace physique, l’information. Aujourd’hui encore, ces trois éléments sont primordiaux pour prendre l’ascendant sur son ennemi et remporter la guerre. Cependant, cette triade est loin d’être la seule condition menant la victoire. D’autres auteurs comme Sun Tzu préconisent la ruse et la logistique pour parvenir à ses fins. Machiavel met quant à lui en avant la personnalité (prévoyant, méfiant, dépassionné, prudent, etc.) des stratèges dirigeant la guerre comme élément capital.
Si la guerre était historiquement un affrontement militaire physique entre Etats, sa définition ne cesse d’évoluer et de s’élargir. Progressivement, ce modèle westphalien, fondé sur un territoire et une population, s’érode.
Les évolutions de la guerre
Aujourd’hui, la guerre prend plusieurs formes. On peut noter une typologie duale de la guerre : les guerres conventionnelles et les guerres non conventionnelles.
La guerre conventionnelle
La guerre conventionnelle se traduit comme un conflit armé classique opposant les forces militaires régulières de deux ou plusieurs États, régis par des lois internationales et des traités de guerre. Ce cas classique est lui-même scindé en deux formes : symétrique et dissymétrique. Une guerre symétrique oppose deux acteurs réguliers ayant des forces et des capacités équivalentes. Une guerre dissymétrique oppose des forces régulières n’ayant pas des forces et des capacités équivalentes, comme la guerre du golfe.
La guerre non conventionnelle
La guerre non conventionnelle se traduit comme un conflit armé s’affranchissant des règles classiques de la guerre et opposant des acteurs de natures différentes. On retrouve ainsi la guerre asymétrique, qui oppose un acteur dit régulier (Etat) à un acteur irrégulier. Ici, l’acteur irrégulier aura une approche et des capacités différentes de l’acteur régulier pour espérer le vaincre. En effet, l’acteur régulier disposant de capacités militaires et opérationnelles supérieures, l’acteur irrégulier ne peut espérer le vaincre frontalement. En conséquence, l’acteur irrégulier a deux façons d’arriver à ses fins : par la guérilla, par le terrorisme.
La guerre asymétrique : la guérilla et le terrorisme
La guérilla, dite “petite guerre”, mobilise des troupes extrêmement mobiles usant d’une approche indirecte couplée à l’effet de surprise. Pour ce faire, les guérilleros harcèlent continuellement leurs ennemis réguliers pour briser leur mental et les forcer à mobiliser des moyens conséquents pour assurer leur défense, qui peut être brisé n’importe où. Ce qui fait la force des guérilleros est l’engagement et la ferveur des citoyens. En recrutant toujours plus de partisans, ils peuvent multiplier leurs sabotages afin de fragiliser l’ennemi sur la durée et rendre la victoire finale plus facile.
Le terrorisme aborde une approche différente. En France, le terrorisme est défini par une loi du 9 septembre 1986 comme « une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ». Le terrorisme utilise la terreur à des fins idéologiques politiques ou religieuses pour laisser une empreinte psychologique forte. En utilisant la terreur pour asseoir son pouvoir, les terroristes prennent pour cible les civils comme les militaires. Contrairement à la guérilla, le terrorisme peut prendre une dimension étatique. Ces États cherchent à accroître leur capacité d’influence hors de leur sphère diplomatique tout en menant des actions clandestines contraires au droit international.
La privatisation de la violence et la guerre hybride
Enfin, deux formes de guerre non conventionnelle sont à part. Premièrement, la privatisation de la violence, qui consiste à externaliser les missions militaires étatiques à des groupes privés. Ces groupes sont la proie d’un flou juridique selon les pays, notamment à cause de leurs finalités. En effet, si les Etats externalisent certaines tâches qui leur sont normalement dévolues, c’est en partie pour se déresponsabiliser et ne plus avoir de droit de regard sur leurs actions qui pourraient être illégales. Wagner, groupe paramilitaire chargé de défendre les intérêts extérieurs russes, est un bon exemple. En effet, ce groupe a souvent été accusé de crime contre l’humanité et de crime de guerre lors de ses opérations.
Deuxièmement, la forme la plus actuelle et la plus évolutive est la stratégie hybride. Cette forme de guerre allie les modes de guerres conventionnelles et non conventionnelles, comme la désinformation, les cyberattaques, la propagande numérique, etc. Ce type approche est beaucoup utilisée par la Russie, notamment en Ukraine où elle mène des cyber attaques régulières pour déstabiliser la coordination ukrainienne. Cette forme de guerre est la plus représentative et fidèle de l’Homme, qui ne cesse de chercher de nouveaux moyens de prendre l’ascendant sur son adversaire, et ce par tous les moyens. Clausewitz disait que « La guerre est un caméléon qui change de nature à chaque engagement »
Le cadre juridique de la guerre
Enfin, on peut noter deux approches de la guerre souvent utilisées par les Etats pour justifier leurs actions. Premièrement, les guerres préventives. Elles sont menées sans preuve d’une attaque imminente mais dans le seul but de neutraliser un adversaire supposément hostile à ses intérêts, sont illégales au regard du droit international, à l’image de l’intervention américaine en Irak en 2003. Les guerres préemptives, quant à elles, répondent à une menace réelle et objectivement constatable de la part d’un adversaire. Elles sont légales au regard du droit international, à l’image de la guerre des Six Jours en 1967.
Qu’est ce que la paix ?
La paix peut être définie comme l’absence de guerre à une échelle donnée. Cependant, cette définition est restrictive et se cantonne à l’aspect militaire. On distingue deux types de paix. Premièrement, la paix positive se traduit comme une paix voulue dans la société et qui est nourrie par les institutions, les structures, les attitudes et les politiques. La paix positive s’inscrit dans le temps long et nécessite une approche globale alimentée par le désarmement et la construction d’une gouvernance qui permettront un développement économique du pays, favorable à la paix.
Deuxièmement, la paix négative se cantonne à l’absence de guerre. En effet, l’absence de guerre en tant que telle ne garantit pas la paix. Cette situation ne signifie pas pour autant que les individus sont à l’abri de la violence psychologique, de la répression, de l’injustice ou des inégalités systémiques. Au cours des derniers siècles, la définition de la paix a évolué.
La difficulté de constat à l’ère contemporaine
Aujourd’hui, il est difficile de stipuler quand la paix est présente dans une société. En effet, à cause de la “zone grise”, qui est une situation de flou où on ne sait pas clairement si c’est la guerre ou la paix entre certains Etats. Les opérations cyber, de désinformation ou de manipulation de l’information, de pression économique ou diplomatique et de propagande extérieure ne permettent pas de savoir clairement quelles sont les limites de la guerre et de la paix.
Conclusion
Finalement, la guerre et la paix sont difficilement définissables en tant que vérité générale. En effet, ces deux notions ne cessent d’évoluer avec leur temps, notamment avec l’avancée technologique. Enfin, la ligne entre guerre est paix est de plus en plus poreuse à cause de l’implication croissante des acteurs non étatiques dans le conflit. Starlink joue par exemple un rôle phare dans le conflit russo-ukrainien. En fournissant une connexion internet haut débit, nécessaire au fonctionnement des drones, l’entreprise joue un rôle clé dans ce conflit.
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Joris Berry