La chute du gouvernement en Roumanie

Ce mardi 5 mai 2026, une motion de censure a provoqué la chute du gouvernement en Roumanie. Premier ministre depuis moins d’un an, Ilie Bolojan doit quitter son poste à la suite du vote des députés. Avec le déficit public le plus important d’Europe, la Roumanie fait face à l’incertitude politique. 

Une alliance décriée 

Pour parvenir à faire chuter le Premier ministre et son gouvernement, les députés roumains ont dû faire alliance. Pour atteindre les 233 voix nécessaires à l’adoption de la motion dans un Parlement de 464 sièges, le Parti social-démocrate (PSD) et l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR) ont dû voter ensemble. Finalement, leur alliance de circonstance a recueilli 281 voix.

Cependant, cette association fait polémique car le PSD a fait de l’AUR, considérée comme l’extrême droite roumaine et jusque-là « ostracisée », « un acteur politique majeur ». Elle contribue ainsi à la légitimation de l’extrême droite en Roumanie, qui dépasse les intentions de vote du PSD. Malgré le fait que le PSD soit le parti le plus important au sein du parlement roumain avec 130 élus, l’AUR récolte tout de même 37 % d’opinions favorables dans les sondages. Le PSD a cependant affirmé qu’il n’avait qu’un seul et unique objectif commun avec l’AUR, à savoir renverser le gouvernement. George Simion, fondateur et président de l’AUR, a quant à lui déclaré sur X : « C’est la fin de dix mois durant lesquels les soi-disant pro-européens n’ont livré rien d’autre que : impôts, guerre et pauvreté ». 

Les causes à l’origine de la motion

Si Ilie Bolojan a déclaré :  « Il y a dix mois, j’ai accepté ce poste et j’ai été confronté à une situation difficile où je devais faire ce qui était juste. Pas ce qui était populaire, mais ce qui était nécessaire », et  « que les graves problèmes du pays » ne disparaîtraient pas avec lui, les partis d’opposition tels que le PSD ont estimé  « qu’il serait approprié qu’Ilie Bolojan démissionne maintenant de son poste » dans l’optique de constituer « un nouveau gouvernement rapidement ».

Cette adversité envers le gouvernement actuel s’explique notamment par les politiques d’austérité budgétaire qu’avait mises en place le Premier ministre Ilie Bolojan. Afin de réduire le déficit budgétaire qui atteignait 7,9 % du PIB en 2025, le Premier ministre avait introduit des mesures d’austérité qui ont rapidement suscité la colère des partis politiques. Suite à cette décision, nécessaire selon lui pour ne pas perdre des fonds européens, les membres du PSD avaient pris la décision de quitter le gouvernement.

Poursuivre la voie européenne

En novembre 2024, une forte suspicion d’ingérence russe a fait annuler l’élection présidentielle en Roumanie. Pratiquement inconnu du grand public, Călin Georgescu, présenté comme candidat indépendant, avait créé la surprise lors du dépouillement. Alors qu’il ne récoltait que quelques points lors des premiers sondages, il avait réussi à s’imposer avec 23 % des voix au premier tour, notamment grâce à une campagne virale et fulgurante sur les réseaux sociaux.

Depuis, la Roumanie cherche à maintenir sa voie vers l’Europe malgré un déficit conséquent. Le président pro-européen Nicusor Dan l’a rappelé : « Les discussions politiques seront difficiles, mais c’est ma responsabilité en tant que président, et celle des partis politiques, de maintenir la Roumanie sur la bonne voie ». En s’alliant avec l’extrême droite, les partis de centre-droit accusent le PSD de desservir la voie pro-européenne. Selon eux, la Roumanie n’a pas de temps à perdre et a besoin de réformes. Suite à l’élection de 2024, le pays sera-t-il à nouveau en proie aux ingérences étrangères pour l’élection de son nouveau Premier ministre ?

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Joris Berry

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