Lors d’une expédition de plusieurs semaines à bord du navire de croisière baptisé Hondius, trois personnes sont décédées des suites d’un virus. Si le directeur régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en Europe a déclaré que « le risque pour l’ensemble du public demeurait faible » et « qu’Il n’y avait aucune raison de céder à la panique ni d’imposer des restrictions de voyage », la situation reste tendue et incertaine.

La nature du virus
Depuis le 11 avril, trois passagers du navire ont trouvé la mort à bord : un couple de Néerlandais et une Allemande. Si ces trois décès pouvaient être une coïncidence, il a depuis été confirmé qu’ils étaient tous contaminés par le hantavirus. Les hantavirus désignent un groupe de virus principalement portés par des rongeurs tels que les rats et les souris, susceptibles de provoquer occasionnellement des infections graves chez l’être humain.
On distingue deux types de hantavirus. On retrouve ceux de « l’Ancien Monde », qui sont présents en Afrique, en Asie et en Europe, qui présentent un taux de létalité de 5 à 15 %. Les autres types de hantavirus proviennent quant à eux du « Nouveau Monde ». Présents dans les Amériques, cette deuxième catégorie est plus mortelle. En effet, entre 35 % et 50 % des contaminés décèdent des suites de leurs symptômes.
Le virus des Andes
Dans cet épisode, l’hypothèse d’un virus du Nouveau Monde est privilégiée, et plus particulièrement le virus Andes. Si la transmission entre humains est extrêmement rare, le virus Andes peut en être à l’origine. L’OMS estime cependant que la contamination initiale serait survenue à terre, avant que le virus ne se propage entre passagers à bord du navire. L’organisation juge toutefois que le risque de diffusion au-delà de cet épisode reste limité et peu probable.
Et maintenant ?
Actuellement, encore trois cas suspects sont à bord du navire. Les trois individus, un Britannique, un Néerlandais et une personne identifiée comme cas contact, vont être évacués le plus rapidement par avion. Cependant, aucun traitement ne permet à l’heure actuelle de lutter efficacement contre ce virus. Tout ce que peuvent faire les médecins, c’est atténuer la douleur des contaminés.
Après plusieurs semaines de stress en mer, les passagers atteindront bientôt Tenerife. Pour l’heure, le climat sur le navire reste anxiogène. Selon Christophe Rapp, infectiologue à l’hôpital américain de Paris, il n’y a « aucun risque » de contagion ou de propagation du virus si les mesures barrières sont respectées. Or, selon une passagère, presque aucune mesure n’est prise pour endiguer la propagation du virus. Elle déclare que les gens : « font ce qu’ils veulent (…). Il y a eu un grand barbecue comme si de rien était sur le bateau ».
La gestion de la crise en France
L’ensemble des passagers, considérés comme cas contacts potentiels, feront cependant l’objet d’un suivi rigoureux pour toute la durée maximale d’incubation. En France, les autorités sanitaires disposent de protocoles très précis pour ce type de situation. La cellule de crise CORRUSS a d’ailleurs déjà pris en charge le dossier en identifiant les ressortissants français concernés, en donnant les instructions d’isolement et en les orientant vers les services médicaux mis en place. L’objectif est d’éviter toute propagation en cas d’apparition de symptômes dans les prochains jours. Le nombre de cas étant faible, la gestion de crise est accessible.
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Joris Berry