Les Enhanced Games

Ce 24 mai, des “Jeux olympiques” dopés ont eu lieu. Ces Enhanced Games, qui avaient lieu à Las Vegas, promettaient d’être spectaculaires par les organisateurs. En poussant les athlètes à se doper pour dépasser leurs limites, on s’attendait à ce que de nombreux records du monde soient pulvérisés. Seulement, il n’en est rien. Au final, seul un record a été “battu”. 

Le dopage encouragé

Si cet événement était particulièrement attendu, c’est parce qu’il promettait de repousser les limites humaines grâce au dopage. Si les athlètes n’étaient pas obligés d’y recourir, ils étaient cependant encouragés. Pour maximiser le nombre de futurs recordmans, les organisateurs ont promis des gains importants. 250 000 dollars en cas de victoire et plus d’un million de dollars pour un record battu.

Le recours au dopage était cependant encadré. Les substances illégales aux États-Unis étaient par exemple prohibées. Les athlètes qui avaient décidé de recourir à des produits dopants étaient également suivis par des médecins. Même s’ils étaient accompagnés, tous les risques que présentaient ces substances ne pouvaient être jugulés. James Magnussen, double champion du monde du 100 m nage en 2011 et 2013, a par exemple accepté que les médecins lui prescrivent des produits dopants pour sa participation aux Enhanced Games. Au final, il a déclaré : « Je ressemblais plus à un bodybuilder qu’à un nageur », ce qui était incompatible avec sa discipline.

Un fiasco total ?

Finalement, l’événement n’a pas défrayé la chronique comme il l’espérait. Au contraire, les Enhanced Games ont fait parler d’eux car rien ne s’est déroulé comme escompté. Tout d’abord, il a fallu attendre la dernière épreuve, le 50m nage libre, pour qu’un record du monde tombe. N’étant pas officiellement homologuée, cette performance est à prendre avec des pincettes. Le nouveau recordman Kristián Goloméev portait une combinaison interdite dans les compétitions officielles car elle donne un avantage certain et son chrono ne semblait pas fiable après vérification. Quoi qu’il en soit, le PDG de l’événement n’a pas tardé à promouvoir son projet : « On a changé le monde ce (dimanche) soir. »

Les performances des athlètes étaient au final bien loin des attentes. James Magnussen est arrivé dernier en 50 m et 100 m nage libre, preuve que sa promesse de se doper « jusqu’à la moelle » ne l’a pas aidé. D’ailleurs, les vainqueurs du très attendu 100m, tant chez les femmes que chez les hommes, n’étaient pas dopés. Bien que le vainqueur Fred Kerley soit encore loin du record du monde détenu par Usain Bolt, il a prouvé que l’usage de dopants ne garantissait pas toujours la victoire : « Je n’en ai pas besoin (du dopage). Dieu m’a donné ma vitesse pour une raison. Je suis ici pour montrer mon talent ». Enfin, le vainqueur du 50m nage dos n’était pas dopé non plus. Malgré un échec cuisant, les Enhanced Games ont fait parler d’eux. Reste à savoir si l’événement saura tirer les leçons de cet échec pour revenir plus convaincant l’année prochaine.

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Joris Berry

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