La guerre au Moyen-Orient reprend de plus belle

Alors que Donald Trump affirmait lundi 1er juin que les négociations de paix entre les États-Unis et l’Iran se poursuivaient « à un rythme soutenu », la guerre au Moyen-Orient semble reprendre de plus belle. Ce mercredi, l’envoi de missiles iraniens sur le Koweït et le Bahreïn a déclenché une réponse américaine sur une île iranienne dans le détroit d’Ormuz. 

Les faits

Ce matin, l’armée koweïtienne a déclaré que « Des drones ennemis ont ciblé aujourd’hui le terminal passagers (T1) de l’aéroport international du Koweït, dans le cadre d’une agression iranienne, ce qui a entraîné d’importants dégâts matériels et blessé plusieurs personnes ». Suite aux frappes, le Koweït a fermé son aéroport et suspendu le trafic aérien. Les trois missiles iraniens lancés contre le Bahreïn ont quant à eux « été immédiatement interceptés par les défenses aériennes américaines et bahreïniennes ». L’Iran a par la suite revendiqué avoir visé le siège de la 5e flotte américaine au Bahreïn, affirmation démentie par le Centcom. 

Les États-Unis, qui n’ont pas tardé à répondre aux attaques, ont dit avoir « mené des frappes de légitime défense » sur l’île iranienne de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz. De leur côté, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que les Américains ont visé une tour de télécommunication sur l’île. Un conseiller du guide suprême a déclaré que toute nouvelle agression américaine déchaînerait « un déluge de missiles et drones ».

Pourquoi maintenant ?

Alors que l’administration Trump martèle que l’Iran a perdu la guerre, Cory Booker, un sénateur américain, soutient que les États-Unis sont dans une impasse avec l’Iran et que cette guerre a finalement renforcé la position de négociation de Téhéran. Les récentes frappes iraniennes contredisent Donald Trump, qui affirme que l’Iran a perdu sa puissance militaire.

Téhéran en vient même à vouloir imposer ses conditions pour un accord de paix avec les États-Unis, notamment la fin de la guerre entre Israël et le Liban. Le pays hébreu continuant son offensive contre le Hezbollah, en partie financé par l’Iran, les négociations de paix s’en trouvent freinées. Au final, c’est l’Iran qui sort renforcé de cette guerre en étant capable d’imposer ses conditions malgré les affirmations de victoire américaine.

Alors que Washington avait promis un apaisement au Liban, Israël n’en démord pas. Le premier ministre Benyamin Netanyahou a avancé que son armée « continuerait à opérer comme prévu dans le sud du Liban ». Poursuivant ses raids dans le sud du Liban, Israël a mené des frappes meurtrières : cinq morts mardi et six mercredi près de Tyr. Face à l’obstination de l’État hébreu, Donald Trump a taclé son allié Benjamin Netanyahu lors d’un appel téléphonique : « Tu es complètement fou. Tu serais en prison sans moi. Je te sauve la mise. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça. ». 

Un embrasement régional ? 

Les frappes iraniennes risquent d’embraser à nouveau la région comme au début de la guerre. Le conseiller du président émirati a appelé sur X à avoir une « position ferme » face aux frappes iraniennes et qu’aucun « État du Golfe ne devrait être laissé seul face à ces attaques, car la sécurité des États arabes du Golfe est interdépendante, leurs intérêts et leur destin sont communs », avant d’ajouter que « Cette agression ne vise pas seulement un pays, elle nous vise tous ». 

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Joris Berry

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