IRAN : LA VAGUE D’EXÉCUTIONS D’ESPIONS S’ACCÉLÈRE

exécutions Iran espionnage 2026

Une répression qui s’intensifie : les pendaisons s’enchaînent

Des exécutions à la chaîne, présentées comme des affaires d’espionnage

Depuis le début de l’année 2026, Téhéran ne ralentit pas la cadence. Ainsi, début mai, les autorités iraniennes ont pendu Erfan Shakourzadeh, un ingénieur aérospatial de seulement 29 ans. L’agence judiciaire Mizan Online le présente comme un espion de la CIA et du Mossad, recruté en raison de son expertise dans les technologies satellitaires. Pourtant, des organisations de défense des droits humains affirment que ses aveux lui ont été extorqués sous la torture.

De même, quelques jours auparavant, Mehdi Farid, ancien responsable d’une unité de défense civile, était exécuté pour avoir transmis des informations sensibles au Mossad israélien. Il s’agissait alors de la quatrième exécution en trois jours. En outre, en avril 2026, Amirali Mirjafari était pendu, accusé d’avoir incendié une mosquée de Téhéran et d’avoir entretenu des liens étroits avec les services israéliens.

Par ailleurs, le régime ne se limite plus aux profils militaires. Étudiants, ingénieurs, militants, le filet judiciaire se resserre sur des profils de plus en plus variés, souvent jugés à huis clos, sans accès à un avocat indépendant.

Un arsenal judiciaire au service de la répression

Derrière ces exécutions, on trouve systématiquement les mêmes mécanismes. D’abord, les tribunaux révolutionnaires statuent à grande vitesse, sans garantie d’un procès équitable. Ensuite, le pouvoir judiciaire via Mizan Online diffuse les condamnations comme des victoires sécuritaires. Enfin, le guide suprême lui-même a ordonné d’accélérer les procédures.

Ainsi, plus de 700 interpellations et au moins six pendaisons ont eu lieu en douze jours à peine lors d’une période particulièrement intense. Le régime a, de surcroît, promis d’intensifier encore les procès pour espionnage au profit d’Israël.

Des chiffres records qui alarment la communauté internationale

L’Iran, champion mondial des exécutions en 2025

L’ampleur du phénomène dépasse largement les seules affaires d’espionnage. En effet, selon le rapport annuel d’Amnesty International, au moins 2 159 personnes ont été exécutées en Iran en 2025, soit plus du double du total de 2024. Ce chiffre représente, de loin, le niveau le plus élevé depuis la Révolution islamique de 1979.

De plus, l’ONG Iran Human Rights (IHR) et l’association Ensemble contre la peine de mort (ECPM) précisent que le nombre réel est probablement encore plus élevé. Plus de 500 cas supplémentaires n’ont pas pu être confirmés faute de sources suffisantes. En d’autres termes, on parle d’une moyenne de plus de cinq exécutions par jour tout au long de l’année.

De surcroît, Amnesty International dénonce l’instrumentalisation de la peine de mort à des fins politiques. Depuis le soulèvement « Femme. Vie. Liberté » en 2022, les exécutions servent ouvertement à écraser la dissidence. Aujourd’hui, des centaines de manifestants arrêtés lors des troubles de janvier 2026 risquent encore la peine capitale.

L’espionnage au cœur de la guerre froide Iran-Occident

Monica Witt : quand Washington réactive une affaire dormante

C’est dans ce contexte géopolitique tendu que le FBI a relancé, le 14 mai 2026, une affaire vieille de treize ans. L’agence fédérale annonce en effet une récompense de 200 000 dollars pour toute information permettant de localiser Monica Elfriede Witt, ancienne officière du contre-espionnage de l’US Air Force.

Cette Américaine a servi son pays entre 1997 et 2008, accédant à des informations classifiées « secret » et « très secret ». Puis, en 2013, elle fait défection en Iran. Depuis lors, selon Daniel Wierzbicki, agent spécial en charge du contre-espionnage au bureau de Washington, elle continuerait à soutenir les activités malveillantes du régime iranien.

Toutefois, la nouveauté est ailleurs. En effet, dans le contexte d’un conflit ouvert entre les États-Unis, Israël et l’Iran, les renseignements que Witt aurait livrés à Téhéran représentent désormais une menace directe pour des opérations en cours. C’est pourquoi Washington réactive une mise à prix qui dormait depuis des années.

Un bras de fer renseignement qui s’intensifie

Au fond, ces affaires révèlent une guerre du renseignement de plus en plus ouverte. D’un côté, Téhéran multiplie les arrestations et les exécutions pour purger ses réseaux de tout agent étranger. De l’autre, Washington et Tel-Aviv intensifient leur pression sur l’Iran, notamment en finançant la recherche d’informateurs.

Par conséquent, chaque exécution annoncée par Mizan Online vise un double objectif : éliminer les sources adverses et envoyer un message dissuasif à tout Iranien tenté par la coopération avec l’étranger. Comme le résume le directeur de l’IHR, Mahmood Amiry-Moghaddam : « Le message qu’ils envoient en exécutant des gens tous les jours, c’est : “nous avons le pouvoir de tuer.” »

Néanmoins, la communauté internationale reste largement silencieuse. Ni les négociations en cours entre Washington et Téhéran, ni les accords diplomatiques envisagés ne mentionnent les droits du peuple iranien. C’est précisément ce silence que dénoncent les ONG  et que le régime de la République islamique exploite pour continuer, jour après jour, ses exécutions.

Sources 

• Courrier International  « Répression en Iran : les pendaisons d’espions s’enchaînent »

• Le Parisien « Le FBI offre 200 000 dollars contre toute information concernant une de ses anciennes agentes »

• Le Figaro  « Iran : un homme pendu pour ses liens présumés avec les services de renseignements israéliens »

• TF1 Info  « Nombre d’exécutions record dans le monde en 2025, l’Iran en tête selon Amnesty International »

• Amnesty International  « Iran. Plus de 1 000 personnes exécutées depuis début 2025 »

• Euronews  « Iran : un ingénieur de 29 ans exécuté pour des accusations d’espionnage »

• Franceinfo  « Exécutions, arrestations, nouvelles lois… La traque des espions du Mossad menée par le régime iranien »

• Times of Israel  « L’Iran a pendu un ex-employé du nucléaire accusé d’espionnage au profit d’Israël »

• i24News « L’Iran aurait exécuté 2 159 personnes en 2025 »

Pour plus d’actualités, rejoins Artemis Prepa !

Laisser un commentaire