Du 14 au 17 juin 2026 avait lieu le G7 à Evian, en France. Ce sommet, qui regroupe le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, le Royaume‑Uni et les États‑Unis, était particulièrement suivi cette année avec la guerre en Iran et le prolongement de la guerre en Ukraine. Ces sept grandes puissances économiques tentent chaque année de se mettre d’accord sur les sujets brûlants. A l’occasion de ce rendez-vous réussi, Emmanuel Macron s’est réjoui d’un « moment d’unité » après des mois de « désaccords ».
Trump, la pierre angulaire du sommet
Pour tenter de trouver un consensus et éviter que le président américain ne quitte la table des négociations, comme lors du G7 en 2025, les dirigeants ont tout fait pour flatter l’égo de Donald Trump. Tout d’abord, les organisateurs ont décalé le sommet d’un jour pour son 80e anniversaire. Emmanuel Macron a même célébré cet événement lors d’un grand dîner à Versailles dans la soirée du 17 juin, le jour même où l’Amérique fêtait le 250e anniversaire de son indépendance. Enfin, les chefs d’État ont sciemment écarté certains sujets comme le dérèglement climatique afin de ne pas contredire ni froisser Donald Trump. Toutes ces concessions avaient pour but de pousser le président américain à collaborer avec ses alliés, ce qui peut se révéler très délicat.
La guerre en Iran au centre des discussions
La guerre en Iran s’est imposée comme le sujet phare des discussions. Le protocole d’accord signé par Trump et Pezeshkian le 17 juin, fruit de plusieurs mois de négociations avec le Pakistan comme médiateur, établit un cessez-le-feu immédiat. Il prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz, la levée du blocus naval américain, un plan de reconstruction de 300 milliards de dollars et le déblocage des avoirs gelés de Téhéran. La question du maintien de l’engagement iranien à la non-nucléarisation et de l’uranium enrichi est quant à elle reportée à 60 jours de négociations.
Bien que Trump ait vanté l’accord comme accomplissant « tous les objectifs », le texte ne couvre pas toutes les problématiques et la paix est encore loin d’être acquise. Restent en suspens les questions balistiques, les alliés terroristes régionaux du régime et la solidité du cessez-le-feu libanais. Ces sujets étant très épineux, l’issue demeure incertaine. Enfin, le G7 s’est rallié au protocole dans une rare déclaration conjointe, affichant sa volonté de contribuer à la consolidation de la paix régionale et au rééquilibrage du cours de l’énergie.
La guerre en Ukraine toujours sur le devant de la scène
L’Ukraine s’est imposée comme le second dossier majeur du sommet, avec une participation américaine significative. Emmanuel Macron a salué « un moment Evian » sur ce sujet, marquant « un changement très profond de l’approche » de Trump, jusque-là réticent à soutenir Kiev. La présence de Volodymyr Zelensky a permis une « remobilisation du G7 », « extrêmement importante » pour accroître la pression sur Moscou, selon le président français. Les dirigeants ont « acté » qu’il n’y avait « pas de volonté sérieuse de la Russie » de négocier, s’engageant à renforcer leurs sanctions et à accorder une aide supplémentaire à l’Ukraine. Cette réunion a par exemple permis la production sous licence en Ukraine de missiles de longue portée et de systèmes de défense antiaérienne, permettant à Kiev de renforcer sa capacité de production locale.
Trump perçoit désormais Poutine comme un « loser » face à une Ukraine qui « résiste beaucoup mieux que certains pouvaient le penser ». Cette nouvelle approche du rapport de forces entre les deux pays a grandement facilité l’alignement du G7 sur l’intégrité territoriale ukrainienne.
Les autres sujets abordés
Au-delà de l’accord avec l’Iran, les dirigeants se sont engagés à accélérer les efforts humanitaires et de reconstruction dans la bande de Gaza, tout en exigeant l’arrêt des violences en Cisjordanie. Cette position commune vise à stabiliser durablement la région en réaffirmant l’urgence d’une solution à deux États.
Les sept puissances ont également lancé un appel pressant en faveur d’une réponse internationale forte et coordonnée pour faire face à la flambée de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda. Soutenu par plusieurs pays partenaires comme l’Inde et la Corée du Sud, le G7 s’est mobilisé pour contenir la propagation du virus avant que la situation ne dégénère.
Enfin, le sommet a marqué un tournant stratégique majeur face à la Chine et à sa « concurrence prédatrice ». Constatant la vulnérabilité de leurs chaînes d’approvisionnement, les pays membres sont convenus de réduire à moins de 60% leur dépendance envers tout pays tiers pour les terres rares d’ici 2030. Cette transition débutera par une coopération accrue sur le lithium et le nickel, soutenue par une nouvelle plateforme de coordination politique créée en lien avec l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
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Joris Berry