Le directeur de la CIA à Cuba

Ce 14 mai 2026, le directeur CIA était en visite à la Havane. En se rendant à la capitale cubaine La Havane, John Ratcliffe visait à faire passer le message du président Donald Trump. Cuba traversant une grave crise, Trump a voulu faire savoir que le dialogue entre les deux pays sur les plans sécuritaire et économique ne se ferait que si l’île adopte des « changements fondamentaux » .

John Ratcliffe et les autorités cubaines à la Havane

Quelle est la situation à Cuba ?

Actuellement, la situation à Cuba est effarante. L’île, qui bénéficiait auparavant du pétrole vénézuélien à prix réduit, s’en est vue totalement privée depuis l’enlèvement de Nicolás Maduro. Le ministre de l’énergie et des mines a récemment fait état d’une situation catastrophique. Il a indiqué que le pays ne disposait désormais plus « du tout de fioul et plus du tout de diesel », tandis que le stock de 100 000 tonnes de brut acheminé par un pétrolier russe ayant pu accoster fin mars était « épuisé ». Le 14 mai, la compagnie électrique la plus importante de l’île a annoncé qu’elle n’était plus en capacité de fournir de l’énergie en raison « d’une fuite dans la chaudière ». Selon les autorités, les réparations pourraient prendre plusieurs jours

Menaçant d’imposer des droits de douane supplémentaires à tout pays vendant du pétrole à Cuba, le Mexique a lui aussi cessé toute exportation d’or noir vers l’île. Depuis, la population cubaine peine à joindre les deux bouts. Dans la nuit du 13 au 14 mai, des centaines de manifestants sont descendus dans la rue. Ils exhortaient les autorités : « Mettez-nous la lumière ! ».  Depuis les dernières semaines, les coupures d’électricité se sont multipliées. Certains quartiers ont même été quotidiennement privés de courant pendant plus de 20 heures de suite.

La situation est telle que le gouvernement cubain a indiqué être « prêt » à étudier une proposition d’aide financière de 100 millions de dollars de Washington. De son côté, Marco Rubio accuse le régime cubain d’être la cause directe des souffrances de sa population. Il avance que « le peuple cubain doit savoir que 100 millions de dollars de nourriture et de médicaments sont disponibles pour lui dès maintenant ».

Un antagonisme pas nouveau

Si l’île est aujourd’hui dans une situation critique, l’embargo qui la frappe ne date pas d’hier. Depuis 1962, Cuba subit un embargo de la part des États-Unis. Avant 1962, l’île réalisait 73 % de ses exportations et 70 % de ses importations avec les États-Unis. Grâce à l’URSS durant la Guerre froide, Cuba parvient à survivre. Seulement, suite à l’effondrement de l’URSS en 1991, Cuba se retrouve isolé. Pire encore, les sanctions se durcissent. La loi Torricelli de 1992 interdit aux navires ayant accosté à Cuba d’entrer aux ports américains pendant six mois. En 1996, la loi Helms-Burton permet aux États-Unis de poursuivre n’importe quelle entreprise étrangère dans le monde si elle fait des affaires avec des biens confisqués par Cuba depuis 1959.

Si George W. Bush étend les restrictions aux voyages et aux transferts d’argent des Cubains-Américains vers leurs familles, Barack Obama marque un rapprochement historique. En 2013, il sert la main du premier secrétaire du Parti communiste de Cuba Raúl Castro. En 2014, les deux pays établissent de nouveau des relations diplomatiques. 

La situation se dégrade sous la présidence de Donald Trump. Il remet Cuba sur la liste des États soutenant le terrorisme alors que Joe Biden l’avait retiré quelques mois auparavant. L’actuel président des États-Unis justifie son récent renforcement des sanctions contre Cuba dans les secteurs de l’énergie en affirmant que l’île « continue de représenter une menace extraordinaire ». Alors que Donald Trump a annoncé qu’il allait prendre le contrôle de Cuba « presque immédiatement », après avoir fini le « travail » en Iran, quel avenir pour Cuba ?

Laisser un commentaire