Le 26 avril 2026, le record du monde du marathon a été pulvérisé par un coureur “méconnu” du public. Sabastian Sawe, un Kényan de 31 ans, a réussi la prouesse de finir un marathon sous la barre des 2h.

Par une parfaite convergence de plusieurs facteurs, le marathonien est parvenu à finir la course en 1 h 59’30”. Son entraîneur Claudio Berardelli confirme : « C’est un type hors-norme tout simplement. Tout s’emboîte parfaitement : son attitude, son énergie positive, son humilité. Il est exceptionnel ».
Les deux finishers
Si l’habitude est de toujours retenir le premier, il ne faut cependant pas négliger le deuxième. Sabastian Sawe n’était effectivement pas le seul à franchir la barre des deux heures ce jour-là. Ils étaient en réalité deux. Yomif Kejelcha, un Éthiopien de 28 ans, finit deuxième en 1 h 59’41”. Finissant deuxième, il reste malheureusement dans l’ombre comme tous les deuxièmes de l’histoire. Son palmarès est malgré tout impressionnant. Il est sacré champion du monde cadet en 2013, puis junior en 2014. Il s’impose dès 2015, à seulement 18 ans, sur le 5 000 m de la Ligue de diamant. Enfin, il décroche le titre mondial en salle du 3 000 m l’année suivante.
Qui est Sabastian Sawe
Bien que méconnu du grand public, Sabastian Sawe n’est pas inconnu dans le milieu marathonien. En 2023, il remporte la médaille d’or des Championnats du monde de course sur route. L’année suivante, Sawe a remporté le semi-marathon de Copenhague. En décembre 2024, il a également remporté le marathon de Valence en réalisant la meilleure performance mondiale de l’année. En 2025, il termine premier au marathon de Londres et de Berlin. Enfin, il finit premier au marathon de Londres le 26 avril 2026 tout en battant le record du monde.
Les hommes derrière le recordman
Au-delà de ses records, le recordman a une famille ayant un passé dans le milieu de l’athlétisme. Sa mère, ancienne sprinteuse, a dû renoncer à sa carrière à cause de sa grossesse. Son oncle Abraham Chepkirwok était spécialisé dans le sprint sur 800m. Il a fini quatrième aux championnats du monde sur 800m en 2007. L’année suivante, lors de la finale mondiale de l’athlétisme, il a fini deuxième. Après la pandémie du Covid-19, Sawe est contacté par son oncle et un entraîneur italien de longue date au Kenya. Ensemble, ils vont permettre à Sabastian Sawe de devenir le meilleur marathonien Kényan de l’histoire.
Une volonté de transparence
Les dopages étant communs dans ce milieu, Sabastian Sawe veut faire preuve de transparence. Au Kenya, plus de 145 athlètes ont été suspendus pour dopage depuis 2017. En vue de battre le record du monde, il veut prouver qu’il est naturel et multiplie les tests anti-dopage. Il prend les devants et contacte lui-même l’Unité d’intégrité de l’athlétisme, chargée de mener ces tests. « La principale raison était de montrer que je suis propre et que je fais les choses correctement », témoigne-t-il. Il réalise plus de 25 contrôles sanguins et urinaires en quelques mois, parfois même deux fois par jour : « Un jour, j’ai même été testé deux fois : tôt le matin et tard le soir ».
Cependant, Sawe veut aller plus loin dans la transparence en réalisant une charte anti-dopage. En obligeant son groupe à la signer sous peine d’être exclu, ils s’engagent à reverser leur gain à la lutte antidopage en cas de dopage. Il affirme lui-même que « Le dopage est un cancer.»
La rivalité Adidas / Nike
Adidas et Nike ont toujours été de grands rivaux dans la discipline. C’était la course à qui aura la meilleure chaussure. Suite au nouveau record de Sabastian Sawe avec les baskets Adidas Adizero Adios Pro Evo 3, Nike en prend un coup. Grâce à des années de recherche, Adidas a réussi à produire cette chaussure de 97 grammes pleinement pensée pour le running grâce à une légèreté extrême permise par une utilisation réfléchie de plusieurs matériaux.
Finalement, c’est Adidas qui remporte la bataille face à Nike, ses chaussures ayant permis de franchir officiellement la barre des deux heures. Lors de sa mise en vente, les chaussures se sont écoulées en l’espace de deux minutes, entraînant une rupture de stock. Si l’action Adidas avait reculé de 18 % depuis le début de l’année, elle a rebondi de 7 % au lendemain de la course.
Conclusion
Si la barre des deux heures a été franchie, il est fort à parier que le nouveau record reste inégalé pendant un certaint temps. Aujourd’hui, chaque nouveau record requiert un entraînement et une alimentation minutieuse couplée à un équipement toujours plus poussé. Les athlètes ne cessent de repousser les frontières du possible, accomplissant des performances que l’Homme croyait autrefois hors de portée. Cependant, l’humain reste imprévisible. Sabastian Sawe le démontre encore une fois en avançant : « Je peux courir en 1h58. C’est juste une question de temps ».
Joris Berry